05/03/2007

Les ados accros au porno ?

Autrefois hors de portée de mains des plus jeunes, le porno est aujourd’hui largement accessible via les chaînes câblées, les DVd ou Internet… Quelle est l’ampleur de cette banalisation du X ? Comment les ados réagissent-ils à ces images ? Le point grâce aux dernières études sur le sujet.

 

Les ados sont de plus en plus nombreux à visionner des films X. Un tiers des garçons en regarderaient même régulièrement !

 

Une banalisation voire une consommation régulière de porno.

Avec l’émergence des chaînes câblées et la démocratisation d’Internet, l’accès aux contenus pornographiques s’est largement banalisé. Résultat : les ados y sont de plus en plus confrontés et ceci de plus en plus jeunes. Certains chiffres laissent perplexes. Dans les foyers abonnés à Canal +, 11 % des enfants de 4 à 11 ans ont visionné au moins une minute de film X. Sur une classe de sixième (des enfants de 11 ans), 60 % des garçons et 30 % des filles déclaraient avoir déjà visionné un film X…. Si la représentativité de ces chiffres vous laissent sceptique, l’étude européenne ESPAD (European School Survey on Alcohol and Other Drugs) conduite sur plus de 16 000 élèves de 12 à 18 ans devrait vous convaincre : 71 % des garçons de 14 à 19 ans ont vu un film pornographique dans l’année précédente, tout comme 40 % des filles.

Les ados seraient non seulement plus nombreux à être exposés à des images X, mais ils auraient également changé leur mode de consommation. Selon cette même étude, un tiers des garçons de 14 à 18 ans regardent des films pornographiques de manière habituelle ; chez les filles, la proportion est d’une sur cinquante.

 

Entre séduction et dégoût…

Selon cette même enquête, les réactions des garçons et des filles face à ces images sont assez différentes. L’opinion des garçons est plutôt positive (54 % disent que cela les amuse et les distrait, 34 % que cela leur plaît et 16 % que cela leur est utile), alors que les filles expriment leur aversion (56 % disent que cela les dégoûte, 28 % que cela les met mal à l'aise, 26 % que cela les choque).

Selon Michela Marzano, philosophe et chercheuse au CNRS (Centre national de recherche scientifique), cette distinction n’est pas aussi tranchée. Après avoir mené une enquête sur plus de 300 adolescents en compagnie du Dr Claude Rozier, elle estime que les ados portent un regard très ambivalent sur ces représentations pornographiques. "Reconnaissants une certaine attirance, les garçons avouent cependant que la plupart des gestes et attitudes décrites ne sont pas respectueux vis-à-vis des femmes. Mais ils estiment aussi que ces actes peuvent être accomplis avec des"filles faciles", qui les provoquent et n’attendent que d’être traitées de la sorte". Cette distinction étonnante entre le sexuel et l’affectif (d’un côté, les filles faciles et de l’autre, des filles idéalisées) revêt une nouvelle forme chez les filles. "Dégoûtées par la représentation des actrices assimilées à de simples objets sexuels, elles sont également convaincues que la pornographie idéalise la sexualité par la mise en scène d’actes sexuels toujours beaux et satisfaisants. Elles n’arrivent ainsi pas à se positionner entre domination et épanouissement sexuel"… Outre cette pollution de l’imaginaire sexuel adolescent, Michela Marzano et Claude Rozier estiment que les images X imposent une vision normative, une sorte de mode d’emploi de la sexualité qui éloigne les ados de la réalité, d’une sexualité complexe mais riche en infinies possibilités.

 

Porno et comportements violents

Peut-on dire pour autant que ces images transformeront d’innocents adolescents en bêtes lubriques ? Existe-t-il un lien entre cette banalisation de la pornographie et la médiatisation croissante des crimes sexuels ?… Cette thèse apparaît pour le moins comme un raccourci un peu rapide. Néanmoins, des résultats de l’enquête européenne Espad pourraient apporter de l’eau au moulin des plus pessimistes.

En effet, cette étude souligne un lien étonnant. Le visionnage de films X est intimement lié à des conduites à risques : des actes de violence, des fugues, l’usage de drogues, la consommation d’alcool et de tabac, mais aussi des tentatives de suicides plus fréquentes chez les filles et les garçons. Mais ces données se limitent à la simple constatation d’une corrélation statistique et ne permettent pas de juger d’une possible relation de cause à effet.

Autrement dit, l’éternel débat entre d’un côté les moralistes adeptes de la censure et de l’autre les libertaires qui considèrent la pornographie comme une nouvelle conquête de liberté n’est pas près d’être clos.

08:38 Écrit par Premierefois dans Pornographie | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

Commentaires

bonjour En tant que mère d'ado, je me rends compte qu'à cause de cela, ils en sont arrivés à banaliser un acte sérieux.
Au plus on les informent, au plus on leur dit que c'est contraires au moeurs...au plus ils ont envies d'aller voir !
Nous ne sommes pas encore parvenus à les sensibilisés...et cela tant que ce seront des adultes qui prendront la paroles ! C'est un message qui passerait mieux s'il était diffusé par des gens de leur âge. Mais cela ne m'empêche pas de vous soutenir...
Je vous souhaite beaucoup de succès avec votre blog
bonne journée

Écrit par : sophie | 05/03/2007

j'ai essayé, par le biais d'articles sur le gangstarap notemment, d'orienter des cours sur ce sujet dans ma classe de 4e, mais les garçons gardaient leurs idées : "toutes des putes sauf ma mère", pour résumer. Il est grand temps que les enfants soient protégés de ces spectacles en comprenant que c'est ... du spectacle. mais c'est difficile.
Il y a quelques années, dans la cour de l'école, j'ai vu un gamin de quatre ans simuler un acte sexuel sur une petite fille ... J'en suis toujours choquée.

Écrit par : DANIELLE | 05/03/2007

Je suis un libertaire qui rejette beaucoup de préjugés judéo-chrétiens, mais je condamne aussi fermement l'utilisation mercantile du corps de la femme qu'on bafoue. "Woman is the nigger of the world" "La femme est le nègre du monde", chantaient John et Yoko, et en tant que libertaire je ne puis que m'inhdigner devant cette forme d'esclavage insidieux et larvé dont les femmes font encore l'objet trop souvent, et qu'elles acceptent parfois en préférant la compagnie de machos terre à terre plutôt que celle de fantaisistes éthérés..Bonne chance à votre blog! Et bonne semaine! ps: si vous visitez mon blog, les pensées phallocrasseuses figurant dans la colonne de gauche sont évidemment de l'humour à prendre au second dégré.

Écrit par : Edouard | 05/03/2007

... Faut pas exagerer Danielle, la sexualité des enfants (decouverte de soi, de l'autre sexe, parodie d'acte sexuel) existe depuis bien avant la pornographie, depuis la nuit des temps oserais-je dire. Et c'est tout a fait normal (et encouragé dans certaines cultures moins "couilles-croisées de prétextes" (dixit Coluche))

Ouvrez un bon livre de psychologie de l'enfant.

Ca n'a rien avoir avec les perversions que peut apporter le porno chez les ados.

"Toutes des putes sauf ma mère (et ma femme)" c'est assez chrétien finalement aussi ca. :)

Écrit par : Liber | 05/03/2007

mwouai ¨suis assez d'accord avec Liber
et me souviens qu'enfant j'étais très interessée par tout ce qu'on voulait nous cacher et suis tjrs arrivée à satisfaire ma curiosité...
le porno a tjrs existé bon now y a internet mais avant on pouvait en voire facile aussi
C'est aux parents à faire leur métier de parent et à apprendre ( éducation ) à leur garçon le respect de l'autre qu'il soit garçon ou fille
pfff violence ,sex ,drogues,fuges etc...n'importe quoi ,faut d'abord voire le quotidien de ces enfants ,ce qu'ils voient ou vivent chz eux ..
" une sorte de mode d’emploi de la sexualité qui éloigne les ados de la réalité..." hé hé je connais des hommes ,des adultes qui sont aussi éloignés de la réalite bla bla ,y en a bcp qui reproduisent ce qu'ils voient dans les films pornos en pensant que c'est comme ça qu'on fait l'amour..les pauvres et surtout pauvres femmes qui subissent ça...
moi j'ai une question ,qui est derrière ce blog ? un homme ou une femme ?

Écrit par : bio | 05/03/2007

Bonsoir.

Je suis un homme. Mais, en quoi cette question ?

Bien à vous.

Écrit par : Admin Premierefois | 05/03/2007

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