13/03/2007

Beauté de près ou de loin ?

Il vaut mieux voir une fille de près… Evidement ! Mais pourquoi croit-on souvent voir une beauté de loin ? Et pourquoi, en fait, sommes-nous si effrayés de près ? Et comment rentrer, enfin, dans le vif du sujet ?
 
Du fantasme et de la réalité
Parce qu’il est plus facile de fantasmer lorsque qu’on ne voit qu’une silhouette en mouvement que lorsque son regard analytique détaille les pores de la peau ! Eh oui, la beauté est une fonction liée à la distance : de loin, notre manque d’information pousse notre cerveau – instantanément – à compléter le tableau avec quantités d’éléments de notre mémoire ainsi que nous souhaits et nos rêves, selon l’état dans lequel nous nous trouvons.
Si nous sommes à la recherche d’une personne, d’un certain type de personne, nous aurons tendance à plaquer l’image rêvée sur toute forme entr’aperçue… pour être très déçu de près. Vous avez remarqué que lorsque vous êtes hyper amoureux, vous croyez voir votre chéri(e) partout. C’est dire la puissance de notre imagination.
 
Mais le fantasme déclenche l’envie de séduire ?
Evidemment, si la silhouette entr’aperçue n’avait pas aussi titillé quelques zones de votre mémoire où vous associez pour de multiples raisons certaines formes à des promesses de bonheur à la fois torride et durable, vous n’auriez pas réagi ainsi. Et il est bon de fantasmer, car cela prouve que vous avez des envies, des désirs, de l’imagination pour les construire, et tout cela est très sain ! l est bon aussi de visualiser pour orienter la rencontre, car notre imagination est vraiment capable de construire ce dont nous avons besoin.
Ce que nous disons simplement, c’est ces formes pseudo parfaites de la femme censée être idéale pour vous souffre de deux problèmes : premièrement, il n’est pas certain que ces formes-là, ces modestes archétypes soient seulement ceux qu’il vous faut, et deuxièmement, ceux-ci résisteront-ils à un examen plus rapproché de la cible ?
 
Donc, foncez !
Il y a alors deux attitudes pour le séducteur. Le romantique, ou le joueur, celui qui a une confiance infinie dans son étoile, se dira : « Si le ciel souhaite que nous nous rencontrions à nouveau, il le fera, sinon inutile de se fatiguer » – mais nous pensons, nous, que c’est plutôt de la flemme et que les probabilités de revoir une forme fugitivement aperçue dans la foule sont infimes.
L’autre, le chasseur, mais aussi celui qui souhaite être pleinement informé de ce qu’il fait, de vérifier si son imagination fonctionne bien, si son intuition est pertinente, si son imagination est valablement créatrice, celui-là foncera sur les traces de ce qu’il a vu et s’efforcera, tout en sachant rester discret, de rattraper la belle ; s’il n’y parvient pas malgré sa rapidité, cela signifie qu’il a intérêt à réajuster sa perception et recadrer son esprit. Bien au contraire, s’il sent, s’il sait qu’il a fait mouche, si plus il se rapproche, plus les détails qu’il distingue à la fois confirment et complètent son portait robot, alors il n’y a pas à hésiter.
 
Rattraper et engager la conversation
C’est compliqué, nous le savons, mais le séducteur doit s’arranger pour dépasser, contourner, puis revenir en biais, c’est-à-dire en face, mais idéalement légèrement de profil pour réduire l’agressivité du choc.. choc psychologique qu’il doit simuler, en tous cas, pour montrer sans détours qu’il a rencontré une femme fantastique dont il rêve depuis longtemps.
Il n’aura pas trop à se forcer, vous en conviendrez, puisqu’en dehors de ce petit mouvement tournant calculé, c’est exactement ce qu’il ressent : il sait déjà qu’elle le fait craquer, et sa déclaration est un hommage suffisamment brûlant (nous l’espérons), pour qu’elle arrête sa course un instant et considère cet envahisseur qui la regarde avec des yeux… avec des yeux…
 
Oui, avec quels yeux, alors ? Et quelle voix ?
Et bien, pas avec des yeux dévorants (qui la mettraient mal à l’aise), encore moins des yeux de chiens battus implorants (elle n’est pas Mère Térésa et un homme doit toujours être le plus fort), et c’est là toute la difficulté : il faut que ce regard contienne un mélange d’impression qui lui disent « Je te protégerai tendrement » et « Je suis assez fort pour cela » et « Je te dominerai suffisamment pour que tu jouisse » et (plus subliminal) « Je suis aussi quelque part encore un petit garçon qui appréciera tes comportements maternels de temps à autre ».
C’est de l’équilibrisme, et c’est sans doute pour cela que Kundera appelle « danseurs » tous les acteurs professionnels de la société du spectacle. La voix devra être chaude, sans être outrageusement sensuelle, les mains seront agiles, ne jouez pas au porte-manteau, ni au montreur de foire. Il faut qu’elle vous sente vibrant, prêt à tout avec elle, mais aussi sûr de vous, indépendant. Et comme d’hab’, ne pas repartir sans un rendez-vous ferme, ou au moins un n° de téléphone, fixe de préférence.

12:15 Écrit par Premierefois dans Séduction - Relationnel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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