18/03/2007

Auto-érotisme

Non ! L'excès de plaisirs solitaires n'entraîne pas de défaillances auditives. Au contraire, ce petit geste intime, et pas toujours solitaire, a de nombreux avantages à faire valoir. Y compris sur la santé !

 

Vice, péché, névrose, l'histoire de la masturbation est une longue suite de condamnations en tous genres. Les anciens, qui faisaient du sperme le siège de la puissance virile, voyaient déjà d'un mauvais oeil cette pratique d'autosatisfaction. Ils étaient convaincus qu'en se masturbant, un homme ne pouvait que s'affaiblir. On ne parle cependant pas encore de réprobation virulente de la chose. Dans le même temps d'ailleurs, les femmes ont droit au plaisirs solitaires. C'est vrai à Rome, en Grèce, mais aussi en Chine où les plus fortunés ont l'habitude de se satisfaire avec un godemiché d'ivoire.

Chez nous, l'avènement du christianisme débouche sur une condamnation urbi et orbi de la pratique masturbatoire, toujours plus ou moins d'actualité. Faut-il le rappeler, dans l'Ancien Testament, Onan aurait été foudroyé par l'Éternel pour avoir préféré se masturber, plutôt que de féconder sa belle-soeur, dont le mari était décédé.

 

Le fléau de l'onanisme

Mais l'obsession anti-masturbatoire va surtout débuter au XVIIIème siècle : intellectuels, médecins, hommes d'Église, directeurs de pensionnat, ... Tous poursuivent assidûment ce qu'ils nomment le fléau de l'onanisme. Les remèdes proposés par les spécialistes de l'époque ont de quoi faire frémir : surveillance permanente, camisoles de force, pieds et bras liés pendant le sommeil, régimes alimentaires "adaptés", dissuasion par la fatigue et l'exercice physique quotidien, et même, chez les malades jugés "irrécupérables", interventions chirurgicales. On prête aussi à l'époque toutes sortes de conséquences négatives à la masturbation : elle rendrait sourd, aveugle, provoquerait vertiges, mélancolie, stupidité, impuissance, ...

 

Les bienfaits de la masturbation

Aujourd'hui, on sait qu'il n'en est rien. Les plaisirs solitaires apparaissent au contraire comme une bonne application du principe de Socrate : "Connais-toi toi-même !". Ils nous permettent d'approfondir notre corps et notre sexualité, et donc, aussi, de nous préparer à la rencontre avec l'autre.

Pour autant, on n'est pas anormal si l'on ne se masturbe pas. Les spécialistes sont cependant unanimes : la masturbation est chez l'être humain une expérience primaire fondamentale et une étape quasi indispensable de la maturation sexuelle. La plupart des enfants découvrent d'ailleurs l'auto-érotisme dès le toute petite enfance. Et d'après les études, environ 90 % des garçons et 70 % des filles se masturbent à la fin de l'adolescence.

Beaucoup continueront à l'âge adulte, ce qui n'est pas toujours sans provoquer une certaine gêne dans le couple. Si il ou elle se caresse, c'est que je ne le ou la comble pas suffisamment, pensent certains. A tort, car dans un couple, les besoins sexuels de l'un ne sont pas forcément ceux de l'autre. Mieux, dans la vie à deux, la masturbation n'a pratiquement que des avantages. Elle permet de varier les jeux amoureux sans nécessairement aller jusqu'à la pénétration.

Dans ce domaine, les possibilités sont d'ailleurs assez nombreuses. Cela va de l'axilisme (sous les aisselles), en passant par toutes les variétés de stimulations manuelles, le coït intercrural (stimulation du pénis entre les cuisses de la partenaire) ou le tribadisme lesbien (consiste pour deux femmes à se frotter le sexe l'un contre l'autre). Il ne vous reste plus qu'à prendre votre plaisir en main.

 

Masturbation contre le cancer de la prostate

La prévention du cancer de la prostate peut désormais aussi se faire à la force du poignet. Des scientifiques ont en effet récemment découvert que la masturbation masculine permettait, dans une certaine mesure, de prévenir le risque de cancer de la prostate. Il semble en fait que plus souvent un homme éjacule entre l'âge de 20 et 50 ans, moins il risque de développer une telle forme de cancer. Pour bénéficier de cet effet protecteur pour le moins étonnant, il faut tout de même qu'un homme d'une vingtaine d'années éjacule sept fois par semaine, voire plus ! D'où l'intérêt de la masturbation. Cela ne dispense évidemment pas d'un contrôle de la prostate chez son médecin après 50 ans.

14:00 Écrit par Premierefois dans Masturbation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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