29/03/2007

Les accros du sexe… et de la souris

Au hasard de vos surfs sur le web, ne vous est-il jamais arrivé de "tomber" sur un site un peu olé olé ? Mais peut-être que le hasard n'a rien à voir dans cette affaire, vous êtes un habitué des forums de rencontres et des discussions en ligne plutôt osées ? Quelques photos de vos stars dénudées, quelques coups d'oeil sur une webcam coquine font de vous un accro du sexe virtuel. A moins que vous ne soyez un internaute comme les autres.

 

Internet, cet incroyable outil de recherche et d'échange, ce formidable accès à la culture pour tous… taratata ! Internet, c'est aussi la plus importante source de photos érotiques, de webcams coquines et de lieux de rencontres de la planète.

Et si tant de sites sont dédiés au sexe, ce n'est pas dû au hasard. Selon une étude du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) de novembre 1999, plus de 15 % des internautes français avouaient avoir surfé sur des sites X le mois précédent l'enquête. Une tendance qu'on retrouve Outre-Atlantique, où environ 20 % des internautes fréquentent les sites pornographiques et les forums de discussion consacrés au sexe. D'ailleurs, le mot “ sexe ” est parmi ceux qui arrivent en tête des mots les plus demandés sur des moteurs de recherche.

 

Intox issue des cliniques du sexe ?

Cet engouement fait bien sûr se poser la question de la dépendance : existe-t-il des drogués du cybersexe ? La dépendance au sexe virtuel viendra-t-elle compléter la liste des addictions ? C'est en tout cas ce que sous-entendent de nombreuses “cliniques du sexe” américaines. Ces établissements, spécialisés dans les problèmes de couples et de sexualité, sont en effet les premiers à mettre en avant les problèmes d'addiction au cybersexe. Ils sont d'ailleurs responsables de la multiplication de sites qui proposent une désintoxication, moyennant finances bien entendu ! On imagine sans peine leur intérêt à convaincre les surfeurs d'une nouvelle forme de dépendance qu'ils doivent surmonter.

 

Une seule étude… sérieuse ?

Une étude* sur ce sujet est parue dans un journal de l'association américaine de psychologie. Basée sur un questionnaire datant de 1998, cette recherche semble indiquer l'existence d'une addiction au cybersexe : environ 8 % des internautes auraient un comportement compulsif. Ceux-ci avouent surfer plus de onze heures par semaines sur des sites X. Ils admettent que ce comportement interfère avec leur vie professionnelle et familiale, sans pour autant arrêter de naviguer.

Mais cette étude est à prendre avec précaution. D'une part, même si elle portait sur pratiquement 10 000 personnes, il s'agissait d'un questionnaire en ligne, à la fiabilité aléatoire. De plus, si l'on examine l'étude, on se rend compte que deux des quatre auteurs exercent au San Jose Marital and Sexuality Center, l'une des fameuses cliniques du sexe évoquées plus haut…

 

Du neuf avec du vieux ?

Ce qui est clair, c'est qu'internet ne crée pas de nouvelle addiction : films, photos, petites annonces, dialogues en direct… rien qui n'existait déjà grâce aux magazines, aux vidéos ou au minitel. Les deux nouveautés sont la facilité d'accès et le coût : les internautes peuvent obtenir de chez eux ces “services”, souvent gratuitement et de manière totalement anonyme. S'il existe une addiction sexuelle, la toile ne fait donc que la révéler ou faciliter sa réalisation. Internet n'est qu'un moyen de plus pour l'expression des addictions sexuelles.

Dans tous les cas, les sites X devraient continuer à fleurir sur internet. Ce marché est en constante augmentation. En 1999, on comptait 30 000 sites à caractère pornographique, sans compter les sites amateurs, qui seraient dix fois plus nombreux. Le chiffre d'affaires du sexe sur internet dépasserait les deux milliards de dollars dans le monde.

17:25 Écrit par Premierefois dans Addictions sexuelles | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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