20/05/2007

Qui ment ?

En matière de sexe, les hommes et les femmes ne déclarent pas du tout le même nombre de partenaires. C’est le moins qu’on puisse dire. Alors, vantardise ou modestie ? Qui croire ?

 

On pourrait l’appeler la « Constante Casanova ». Dans la plupart des enquêtes sur le comportement sexuel, les hommes déclarent en effet systématiquement un nombre de partenaires supérieur à celui des femmes. Ce nombre varie même parfois du simple au double, comme dans la dernière enquête Durex (2005) où les dames se contentent de 6,9 partenaires, ce qui n’est déjà pas mal, là où ces messieurs disent en avoir fait craquer 10,2 en moyenne. D’après une très récente enquête de l’Inserm, en France, un homme aurait même 11,6 partenaires sexuels dans sa vie (toujours en moyenne) et une femme 4,4 seulement !

 

1+1=3

Mais si les femmes ont moins d’amants que les hommes, avec qui ceux-ci font-ils donc l’amour ? Avec d’autres hommes ? 4 % de la population masculine affirme avoir déjà couché avec une personne du même sexe. C’est peu. Les chiffres sont d’ailleurs les mêmes pour la population féminine. Quelqu’un « ment » donc, mais qui ? Curieusement, plusieurs études se sont déjà penchées sur le phénomène. La chose est moins anecdotique qu’on pourrait le croire car elle conditionne les politiques en matière de prévention des MST, par exemple. Première explication : femmes et hommes n’auraient pas la même façon de compter. D’après certaines études, nos modernes Don Juan auraient tendance à procéder par approximation quand il s’agit d’évaluer le nombre de leurs conquêtes et donc à surévaluer un peu au pif. Les femmes, elles, procéderaient plutôt par énumération, en comptant les événements, ce qui les amènerait à sous-évaluer le nombre de leurs amants. Mais d’autres explications ont aussi été avancées. En gros, les femmes avoueraient avoir moins de partenaires parce qu’elles n’incluent dans leur décompte que ceux qui ont compté pour elles, pas les « coups d’un soir ». Les hommes compteraient, eux, toutes leurs avantures galantes, jusque et y compris leurs relations sexuelles avec des prostituées.

 

Menteur ou menteuse ?

Mais l’explication est peut-être plus simple encore. Une amusante expérience est ainsi relatée dans le « Journal of sex research » de 2003. Dans celle-ci, les chercheurs ont enquêtés sur le comportement sexuel des hommes et des femmes, persuadés au départ que les hommes avaient tendance à surestimer le nombre de leurs conquêtes pour se faire valoir. Ils ont divisé les participants à l’étude en trois groupes. Dans un des groupes, les participants étaient reliés à un détecteur de mensonges, en réalité de simples électrodes qui ne fonctionnaient pas. Dans l’autre groupe, les réponses étaient reccueillies sur un questionnaire anonyme et dans le troisième, on faisait croire aux participants qu’une personne écoutaient leurs réponses derrière la porte entrouverte. Résultats : les femmes pensant que les réponses pouvant être entendues ont rapporté en moyenne 2,6 partenaires, celles qui bénéficiaient de l’anonymat, 3,4, et celles qui se croyaient réliées à un détecteur de mensonges, 4,4 en moyenne ! Dans les trois cas, les réponses des hommes n’ont pratiquement pas varié, entre 3,7 et 4 partenaires.

Conclusion étonnante de l’étude : du point de vue sexe, hommes et femmes mentent. C’est probablement, suggèrent les chercheurs, parce qu’on attend encore d’elles un comportement sexuel plus mesuré.

Le raisonnement pourrait d’ailleurs s’appliquer aussi aux hommes : s’ils se vantent, c’est peut-être avant tout pour se conformer à l’image du mâle à qui rien ne résiste ? Les stéréotypes ont en tout cas encore de beaux jours devant eux…

 

Sexe et mariage

L’image du célibataire qui papillonne à gauche à droite, et qui multiplie les parties de jambes en l’air, a du plomb dans l’aile. C’est en tout cas ce que nous révèle la plus vaste étude jamais menée sur les comportements sexuels, qui a couvert les cinq continents et 56 pays. D’après celle-ci, ce sont au contraire les gens mariés qui ont l’activité sexuelle la plus fréquente. C’est surtout vrai pour certains pays d’Afrique, où être célibataire rime le plus souvent avec abstinence. Mais c’est également chez nous. En France, où 40 % des célibataires font régulièrement ceinture, pour quelques pour cent à peine chez les gens mariés.

18:13 Écrit par Premierefois dans Hors sujets principaux | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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