07/06/2007

Condom story

Ringard, le préservatif ne l’est plus depuis que l’épidémie du Sida l’a remis au goût du jour. Mais la carrière du préservatif est bien plus longue qu’on ne le pense et pleine de surprises…

 

De l’ancêtre du préservatif au latex actuel, cinquante siècles au moins nous séparent. C’est en effet à l’époque des pharaons qu’apparaissent probablement les premiers condoms. De simples boyaux de mouton, employés par les soldats égyptiens pour se protéger des maladies vénériennes, sans grande vocation contraceptive donc. Boyaux et vessies d’animaux sont également utilisés un peu plus tard par les Romains, tandis que les Chinois, jamais à court d’idées, inventent vers le XXième siècle de notre ère un préservatif fait… de papier de soie huilé. Moins poétiques, les Japonais utilisent quant à eux, sous le nom de Kabuta-gata, des préservatifs fabriqués en écailles de tortues ou en cuir qu’ils rangeaient dans des « boîtes joyeuses ». Très rigides, et pour cause, ces préservatifs pouvaient aussi servir de godemichés.

 

Capotes sous le manteau

En Europe, le « gant de Vénus », une sorte de fourreau d’étoffe légère imbibé d’une décoction d’herbes et fait sur mesure, est inventé au XVIième siècle par le chirurgien et anatomiste italien, Gabriel Fallope, qui teste son efficacité contre la syphilis sur plus de mille hommes. Le test semble concluant (aucun n’attrape la maladie) mais, peu pratique et peu étanche, son invention ne connaît pas le succès espéré et est assez rapidement abandonnée au profit des traditionnelles capotes en boyaux d’animaux, pourtant tout aussi peu confortables et peu fiables. Celles-ci étaient ornées d’un petit ruban de soie qui permettait de les attacher au corps du délit. Elles font fureur tout au long des XVIIième et XVIIIième siècles, principalement dans les bordels et parmi l’aristocratie. Prévenantes, certaines hôtesses en distribuaient même lors de leurs soupers fins. Mais la capote ne plaît pas à tout le monde. Condamnée par l’Église et interdite par les autorités, sa vente se fait sous le manteau.

 

Cinq ans de garantie

Il faut attendre l’invention de la vulcanisation par Goodyear, en 1839, pour voir apparaître la production en masse des premiers préservatifs en caoutchouc, nettement plus fiables. Selon les pubs de l’époque, ils étaient lavables et réutilisables. Certains étaient même garantis cinq ans ! La première capote en latex sera produite vers 1880, mais il faudra attendre 1930 pour que son usage se généralise. Les catalogues coquins du début du Xxième siècle n’avaient en tout cas pas grand-chose à envier à ceux d’aujourd’hui. On pouvait déjà alors se procurer des préservatifs parfumés, de différentes formes et textures, et même avec réservoir. On n’a rien inventé !

 

Small ou Extra-large ?

Le préservatif, c’est comme les chaussures : trop serré, c’est inconfortable. Trop grand, on flotte dedans et on risque à tout moment de le perdre, ce qui n’est pas sans inconvénients en pleine action amoureuse. Or le pénis moyen en érection a beau faire dans les 15 cm, il n’est en réalité pas un zizi qui se ressemble vraiment. Selon les marques et les modèles, la taille des préservatifs diffère elle aussi : en Europe, leur longueur varie de 170 à 215 mm de long et de 49 à 60 mm de diamètre. La taille standard, celle que l’on trouve dans les distributeurs par exemple, est de 180 à 185 mm de long pour 50 mm de diamètre. Elle convient à la plupart des hommes. Mais certains peuvent avoir besoin d’un préservatif plus long ou, et c’est plus fréquent, plus large. Il faudra alors opter pour un modèle XL ou King Size. Attention tout de même à ne pas surestimer ses mensurations. D’après les fabricants, beaucoup de ceux qui achètent des grandes tailles pourraient se contenter du modèle standard !

 

Condom-sur-latex

Plusieurs théories circulent quant à l’origine du mot « condom ». Une des plus connues veut que son inventeur soit un certain Monsieur Condom ou Conton qui, en récompense de son invention, aurait été fait chevalier par le Roi Charles II, porté sur la chose, comme pas mal de souverains français. Il n’en est rien, de même que l’origine du mot Condom n’a strictement rien à voir avec la ville française du même nom, dans le Gers (France). Une autre théorie fait venir le mot du latin « condus » qui veut dire « respect » ou « condere » que certains traduisent par « cacher » ou « protéger ». L’origine de l’expression « capote anglaise » est par contre un peu plus avérée. On la doit probablement à l’illustre Casanova qui en faisait, on s’en doute, un abondant usage et qui avait pour coutume de les appeler également « calotte d’assurance » ou « redingote anglaise ». Les premiers à fabriquer des préservatifs à grande échelle et à en vendre en pleine rue furent d’ailleurs aussi les Anglais et cela dès le XVIIIième siècle.

16:35 Écrit par Premierefois dans Hors sujets principaux | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.