14/06/2007

Pervers, moi ?

La perversion sexuelle est un concept à géométrie variable. Naguère, le simple fait de se masturber régulièrement vous classait d’emblée dans la sordide catégorie des pervers irrécupérables. On n’en est plus là. Mais les choses ont-elles vraiment changé ?

 

Ne dites plus « vieux dégoûtant », mais « paraphile mature ». Né aux États-Unis, le terme « paraphilie » tend en effet à supplanter, dans le vocabulaire psychiatrique, le mot perversion et l’inévitable condamnation morale qu’il charrie. A-t-on pourtant gagné au change ? Pas sûr. Car ce terme de paraphilie (du grec « para », « en marge de », et « philie », « amour, attirance ») sert parfois à désigner toute conduite sexuelle qui s’écarte un tant soi peu du schéma classique : attouchements-étreinte-pénétration. Hors du saint coït point de salut donc, pour les gardiens de l’orthodoxie sexuelle. Le problème c’est qu’il y a du coup beaucoup de choses à interdire. La fellation ? Indécente. La sodomie ? Une erreur d’aiguillage regrettable. Les sex-toys ? Puérils et immoraux. Les films pornos ? No !

 

Le pervers, c’est l’autre !

Pourtant, où situer la frontière entre comportement sexuel normal et pratique condamnable ? Et condamnable d’ailleurs au nom de quoi ? La définition de la perversion serait-elle inscrite quelque part dans les astres ? Au regard de la loi, en tout cas, et hormis quelques exceptions, toute pratique sexuelle entre deux adultes consentants est admise. C’est donc plutôt la société qui défini ce qui est dépravé et ce qui ne l’est pas. Cette définition évolue d’ailleurs, elle change aussi selon les cultures. C’est ainsi que depuis 1973, l’homosexualité n’est plus considérée comme paraphilie, alors que l’échangisme l’est toujours. Allez comprendre… Chacun a aussi tendance à définir le vice selon ses propres critères et son propre comportement sexuel. En cas de divergences, le pervers sera évidemment toujours l’autre. Cela dit, il ne faut pas sous-estimer le rôle moteur des tabous en matière de sexualité. Plus un comportement est normalement réprouvé, plus il a tendance à provoquer les transgressions. C’est le piment de l’interdit.

 

Monomanie sexuelle

Tout serait permis, alors ? Évidemment non. On comprend bien que certains comportements sexuels ne peuvent être considérés comme normaux. C’est le cas, par exemple, des activités sexuelles qui entraînent des lésions physiques ou qui mettent la vie d’une personne en danger (comportements violents, faire l’amour sans protection contre les MST, …), celles qui sont contraires aux lois (exhibitionisme, pédophilie, zoophilie, inceste, …) et, en règle générale, de toutes celles qui portent atteinte à la liberté de choix de la personne. Du côté des psychiatres, on considère aussi qu’une perversion sexuelle peut poser un problème quand une personne en devient esclave au point qu’elle ne puisse plus jouir autrement que par son intermédiaire. On parme alors de monomanie. C’est le cas aussi lorsqu’elle engendre de la soufrance, perturbe la vie quotidienne et les rapports avec les autres.

 

La perversion dans le couple

Et dans le couple ? Rêver de se faire attacher, fouetter, d’échanger son partenaire et passer de temps en temps à l’acte ne fait pas nécessairement de nous des pervers irrécupérables. Au contraire, les petits scénarios coquins viennent parfois bien à point pour épicer une vie sexuelle qui, à la longue, finit souvent par afficher « fermé pour cause d’inventaire ». Échangisme, travestisme ou plan sado maso, tout est possible tant que cela plaît à chaque partenaire et que chacun reste libre d’accepter ou de refuser le désir de l’autre sans se sentir forcé. Finalement, ne serions-nous pas tous des pervers qui s’ignorent ?

 

Petites perversions et fantasmes

Trichophilie : le fait d’être excité ou attiré sexuellement par les toisons pubiennes bien fournies, les cheveux, les hommes très velus. Difficile à assouvir par les temps qui courent.

Acomoclitisme : le contraire du premier. Ici, c’est la vue d’un pubis rasé qui met particulièrement en émoi.

Axilisme : pratique sexuelle qui consiste à se masturber entre les aisselles de son ou sa partenaire.

Sidérodromophilie : du grec « sidero », « fer » et « dromo », « chemin ». Attirance pour le coït ferroviaire.

Podiaphilie : fantasme bénin sur les tabliers de femmes et, par extension, les tenues de soubrettes.

Oracolophie : attirance sexuelle pour les… oreilles.

Douches dorées : une pratique sexuelle en rapport avec l’urophilie et qui consiste à arroser son partenaire avec des liquides corporels, souvent de l’urine.

01:04 Écrit par Premierefois dans Perversions sexuelles | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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