16/02/2008

Enfants admis ?

Depuis Freud, on sait que les enfants s'intéressent au sexe et à tout ce qui tourne autour. Mais comment leur donner une image positive de la sexualité ? À quel âge en parler, quels mots employer ? Quelles limites imposer ?

Dis papa, c'est quoi une fellation ? Voilà le type de question, certifiée authentique, à laquelle tout parent est un jour confronté. La première réaction est en général de répondre par un silence gêné, de noyer le poisson ou d'envoyer le petit curieux dans sa chambre, en lui assénant un péremptoire : C'est pas de ton âge ! Ce qui est sans doute le plus sûr moyen d'enflammer son imagination. Car les enfants sont naturellement curieux – c'est d'ailleurs comme ça qu'ils apprennent – et la sexualité fait partie des sujets dont ils raffolent.

De 3 à 5-6 ans, ils explorent leur corps et découvrent naturellement leurs organes génitaux, puis observent ceux des autres. C'est l'âge où ils commencent à jouer à papa-maman. Preuve qu'ils se doutent de « quelque chose ». Entre 7 et 10 ans, ça se corse un peu. La curiosité devient plus scientifique (A quoi servent les testicules ?), ils comparent leurs connaissances supposées, lancent des gros mots, racontent leurs expériences (le zizi du grand frère aperçu dans la douche). Bref, ils friment. Entre 11 et 13 ans, ce n'est plus seulement la curiosité qui tenaille les charmantes têtes blondes, mais aussi les hormones. A cet âge, le plaisir érotique se mêle clairement à la sexualité : quand un garçon de 11 ans consulte de la pornographie, cela remue aussi dans son bas-ventre !

Choux, cigognes et petites graines
Quand on est curieux, il est logique de poser des questions. Comment répondre ? Faut-il même répondre ? Inutile en tout cas de ressortir ces fameuses histoires de choux et de cigognes. Les enfants d'aujourd'hui ne sont plus dupes. Pas la peine non plus de se lancer dans de grands discours sur le mode de reproduction des bipèdes humains. Plus l'enfant est jeune, plus les explications seront simples. La petite graine qui pousse dans le ventre de la maman a toujours beaucoup de succès. Plus tard, les réponses pourront être plus précises et plus « scientifiques » : la petite graine de papa devient spermatozoïde, le zizi, un pénis, et le ventre de maman, un utérus. Reste que certaines questions enfantines ont le don de mettre mal à l'aise. Plutôt que de répondre dans le vague ou de punir la curiosité naturelle de l'enfant, mieux vaut, estiment les spécialistes, avouer franchement sa gêne. Lucas ou Marie auront au moins l'impression qu'on n'a pas cherché à leur cacher des choses. Que les parents ne se fassent pas d'illusions cependant. À partir de l'adolescence, les enfants ne se tournent plus spontanément vers leurs parents pour recevoir des réponses sur le grand mystère de la sexualité. Toute ingérence parentale peut même être perçue par l'ado comme une intrusion dans sa vie privée. Orientez plutôt vos conseils vers la prévention : grossesse, MST, relations non consenties, ...

Carré blanc ?
Ce mot, fellation, votre enfant l'a donc sans doute entendu dans la cour de récré. Mais peut-être l'a-t-il aussi vu sur internet ou à la télé. Faut-il désormais tout censurer et couper l'accès à internet ? Ce sera sans doute inutile. Nous sommes en effet entourés de pornographie à tous les étages. Selon certaines statistiques, un adolescent européen voit en moyenne 14.000 références sexuelles par an à la télévision. Mais peut-on confondre une scène d'amour mêlant sentiments et érotisme, avec une double pénétration en gros plan ? La pornographie peut effectivement perturber durablement certains enfants, surtout les plus jeunes. Ce n'est pas pour rien qu'elle est interdite aux mineurs.

Porno, la part des choses
Faire en sorte que les enfants ne tombent pas sur du porno ? Plus facile à dire qu'à faire. Les interdits verbaux et les filtres internet ont une efficacité limitée et stimulent parfois la curiosité. Un travail de prévention  serait plutôt conseillé pour donner une image positive de la sexualité. Exemple : des images érotiques délicates accessibles aux enfants, mais aussi un dialogue ouvert parent-enfant où chacun échange ses idées sur l'érotisme et la pornographie : qu'en sait-il ? qu'en pense-t-il ?

10:30 Écrit par Premierefois | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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